đ Ăcoute ton corps, il sait đÂ
" On ne rĂ©siste pas Ă la Vie. Elle est comme l'eau đ qui s'infiltre partout sans qu'on puisse la contrĂŽler, et finit par nous inonder d'un flot surprenant. DĂšs qu'elle nous observe en train de lutter, elle nous rĂ©veille, provoque des Ă©lectrochocs pour tenter de nous libĂ©rer." Nathalie LefĂšvre - de son ouvrage DiplĂŽmĂ©e de l'Univers
Depuis mes 25 ans, mon petit corps sensible me parle. Je lui en ai voulu taaaant de fois de me stopper net ! Jâai tant de fois eu envie de cracher du feu de colĂšre de ne plus pouvoir avancer, dâĂȘtre freinĂ©e des 4 fers par mes petits pieds. Et pourtantâŠ
Et comme faire taire mon corps par les mĂ©dicaments aurait Ă©tĂ© lâultime insulte, il les a toujours tous rejetĂ©s, jusquâĂ mâenvoyer aux urgences pour un simple traitement Ă la cortisone. Alors pas le choix : il a fallu faire face Ă eux, mes vieux dĂ©mons. Mes zones dâombre. La face cachĂ©e de lâiceberg.
Quand ma coach mâa demandĂ© oĂč jâen Ă©tais avec ma sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, face aux chevaux, jâai fondu en larmes. Et lĂ , jâai compris. Jâai compris que je ne pouvais plus fuir le passĂ©. Que je ne pouvais plus me fuir. Je ne pouvais plus me cacher derriĂšre ces faux sourires. Â
Mon petit corps sensible :
La 1Ăšre chute :
Alors que 2008 signe lâarrivĂ©e de mes premiĂšres lunes, et plus symboliquement cette transition de mon corps de petite fille pour accueillir celui dâune femme, fertile, câest aussi lâannĂ©e de ma premiĂšre chute. Une chute avec mon cheval rĂ©formĂ© des courses (Tiens, dĂ©jĂ une histoire de course !!). Câest dâailleurs aussi lâannĂ©e oĂč je me remets douloureusement du traumatisme dâavoir accompagnĂ© ma mĂšre dans son traitement de chimiothĂ©rapie, pour lutter contre son cancer du sein, typiquement fĂ©minin (âŠ). Alors quand mon cheval glisse sur le bitume en mon 14Ăš printemps, nous entraĂźnant tous les deux dans sa chute, et que mon pied se tort dans le fossĂ©, je ne rĂ©alise pas Ă ce moment-lĂ que ce nâest pas seulement avec une entorse et un doigt de pied Ă©crasĂ© que je mâen sors. Câest avec la cristallisation de nombreux souvenirs soigneusement Ă©vitĂ©s, comme de la poussiĂšre cachĂ©e sous le tapis. La cheville soignĂ©e, moi remise sur pieds, remusclĂ©e, jâai cru que je continuerais la voie, Ă cheval ou Ă pied, sans embuches, quitte Ă serrer les dents si besoin. Jâai « tracĂ© », croyant me sĂ©curiser : Brevet des collĂšges et BaccalaurĂ©at avec mention , HypokhĂągne, KhĂągne, Ă©cole renommĂ©e en Sciences Politiques, postes engagĂ©s dans la transition Ă©cologique. Jâavalais les marches de lâescalier quatre Ă quatređ„. Une vraie guerriĂšre.đȘ Je drivais ma monture, sans compter les calories dĂ©pensĂ©es, Ă toujours chercher Ă faire la course en tĂȘte, me croyant invincible, en quĂȘte⊠De quoi dâailleurs ?! CâĂ©tait sans compter que ma cheville, elle, nâavait pas oubliĂ© la chute.
2014 : Alors que je prends conscience de ma relation toxique avec ma mĂšre, enfermĂ©e dans la parentalisation dâune femme en dĂ©tresse psychologique, et de mon besoin de « couper le cordon », mes lunesđ𩞠appuient sur le bouton pauseâžïž. Presque automatiquement, ma mĂ©decin de lâĂ©poque me propose la pilule contraceptive. La solution court-termiste idĂ©ale pour continuer à « tracer » sans broncher. Encore un mouton de poussiĂšre de plus sous le tapisâŠ
Le réveil :
2018 : Je mâinstalle en VendĂ©e aprĂšs avoir trouvĂ© un travail qui me passionne, guidĂ©e par la soif de dĂ©couvrir de nouvelles contrĂ©es marquĂ©es par l'histoire. Quelques mois plus tard, je me sĂ©pare de mon compagnon de lâĂ©poque, et aprĂšs le petit footing habituel du dimanche, une douleur cuisante se rĂ©veille au niveau de cette fameuse cheville, sans raison apparente. Puis Ă la gauche. Me voilĂ rĂ©duite dans ma mobilitĂ©. Sâen suivent une batterie dâexamens, toujours plus anxiogĂšnes Ă mesure que les rĂ©sultats nâĂ©clairaient aucune piste mĂ©dicale probante : radiographies, IRM, du pied, du bassin, de multiples examens pour dĂ©tecter une maladie auto-immune sans suite(âŠ), de nombreuses sĂ©ances de kinĂ©sithĂ©rapie, podologue, dâostĂ©opathie, chiropracteur (...). Rien Ă faire. Je me sens condamnĂ©e Ă regarder les autres marcher, courir, danser, rire, sâamuser, alors que je pleure Ă chaudes larmes de ne pouvoir me tenir sur mes pieds⊠et voire mĂȘme de perdre pied. Mon dos finit lui aussi par se raidir, tandis que je peine Ă continuer mon travail, qui pourtant me passionne. Il faut dire quâil supportait lourd en termes de charges, ce petit dos. DominĂ©e par la peur de rester handicapĂ©e, alors ĂągĂ©e de 25 ans, des torrents de larmes viennent creuser mes joues.
Pourtant, Ă force de pousser les portes, quelques lueurs dâespoir brillent au loinâš .
LâostĂ©opathe attire dâabord mon attention sur mon petit ventre, que je peine Ă Ă©couter, mais qui pourtant se fait entendre, ou sentir mĂȘme đ€ąÂ ! Digne dâune usine Ă gaz, je me dĂ©couvre intolĂ©rante au gluten, au lactose, Ă tout ce qui finit en « ose » (âŠ) et sensible Ă une multitude dâaliments appelĂ©s « FODMAPs ». Mon petit ventre est en feu đ„. Quasiment vĂ©gĂ©tarienne par convictions, moi qui pensais mâalimenter sainement, en me penchant de plus prĂšs sur la naturopathie et la mĂ©decine ayurvĂ©dique, je rĂ©alise que mon dogmatisme Ă©cologique dessert ma santĂ© et me coupe de la conscience de mes besoins physiologiques et nutritifs. Je commence Ă revisiter mon alimentationđœïž, non sans peur de ne plus savoir quoi ingĂ©rer sans enflammer mon corps. Jâai testĂ© pas mal de rĂ©gimes, perdu beaucoup (trop) de poids.
Cet Ă©tĂ©-lĂ , une enseignante de yoga đ§ââïž propose Ă la dĂ©couverte des cours de yoga en plein air, dans un magnifique parcđł. Jâentends pour la premiĂšre fois parler dâancrage, dâĂ©quilibre entre ciel et terre, de chakras. A lâĂ©coute du bruit du vent sur les feuilles des arbresđż, du chant des oiseaux đïž, je me sens connectĂ©e Ă la Terređ, aux arbres, Ă la Nature. Je me sens Ă©merveillĂ©e. La voute plantaire de mes pieds chauffe doucement et se dĂ©tend au contact de la Terre. Je sens mon corps renaĂźtre, se comporter diffĂ©remment. Je le sens autrement.
En quelques semaines, les douleurs se rĂ©duisent de moitiĂ©, mon esprit sâapaise. La magie ( ou l'Ăąme agit) s'opĂšre âš.Â
Pour autant, mĂȘme si je connais une nette amĂ©lioration, je ne peux toujours ni danser ni randonner avec mon amoureux de lâĂ©poque. Mon Ă©go prend cher aussi. Moi qui mâĂ©tais habituĂ©e depuis des annĂ©es Ă faire la course en tĂȘte, Ă partir Ă la guerre pour dĂ©fendre mes convictions et mes valeurs, je me sentais si vulnĂ©rable. A la merci des jugements, un ami de mon ex-compagnon lance mĂȘme un jour « ta copine, câest un vrai hĂŽpital ! ». (On lâembrasse !)
 Je me sens comme prisonniĂšre de ce corps Ă qui jâen veux tant de ne pas mâobĂ©ir. Jâai beau cravacher, la bĂȘte est rĂ©tive !! JâĂ©tais envahie de tant de peurs : de ne pas pouvoir progresser dans les hautes sphĂšres de la fonction publique pour faire aboutir mes idĂ©es, de ne plus pouvoir travailler, de me retrouver sans toit et de devoir revenir chez ma mĂšre (mon cauchemar de lâĂ©poque !!), dâĂȘtre dĂ©pendante financiĂšrement, de ne pas pouvoir voyager Ă ma guise, de ne plus pouvoir courir, randonner. De vivre dans une prison. DĂ©sespoir !
Cette mĂȘme ostĂ©opathe qui avait attirĂ© mon attention sur ma digestion mâavait Ă©galement interrogĂ©e sur mon niveau de stress. Elle mâapprend Ă faire des respirations ventrales. Ce vocabulaire mâĂ©tait jusquâalors Ă©tranger. Plus tard, jâentendis parler du lien corps-Ă©motions, puis de la fameuse « Bible » de 680 pages de Jacques Martel, le Grand Dictionnaire des Malaises et des Maladies, offrant des informations sur les causes des malaises et maladies liĂ©es aux pensĂ©es, sentiments et Ă©motions. A ce moment-lĂ , jâai senti que je venais de toucher du doigt une nouvelle piste. Un nouveau chemin sâouvrait Ă moi. Pour autant, je savais aussi que la route serait tout aussi longue que passionnante.
"Cela demande beaucoup de courage de laisser partir ce qui doit ĂȘtre et accueillir ce qui vient Ă nous sans rĂ©sistance ni jugement" Nathalie LefĂšvre â DiplĂŽmĂ©e de lâUnivers
Et puis jâentends parler dâEMDR, de lâEffet Placebo de Joe Dispenza, d'EFT, une technique de libĂ©ration Ă©motionnelle dĂ©veloppĂ©e par Gary Craig, je lis mon premier roman de dĂ©veloppement personnel, « Quand la vague rĂ©alise quâelle est lâocĂ©an », de Bruno Lallement. Je commence Ă sĂ©rieusement croire en mon potentiel dâautoguĂ©rison.
Jâentame mon premier parcours dâaccompagnement par une psychologue notamment spĂ©cialisĂ©e en EMDR et EFT.
En revisitant certains Ă©pisodes traumatiques de mon enfance, en particulier les conflits parentaux, dans lesquels jâavais Ă©tĂ© impliquĂ©e malgrĂ© moi, ou encore le cancer de ma mĂšre, en Ă©vacuant la colĂšre refoulĂ©e, bizarrement, la douleur cuisante Ă mes chevilles sâestompa rapidement, jusquâĂ disparaĂźtre ! Peut-ĂȘtre que quelques vieux moutons moisis sous le tapis se sont envolĂ©s. Quand je rĂ©alise que jâai le droit de dire non aux repas de famille avec mes beaux-parents de lâĂ©poque, mes crampes Ă lâestomac se font plus rares. Quand je finis par quitter mon copain de lâĂ©poque, ma fatigue sâestompe. Quand je mâautorise Ă poser mes limites, mon corps me dire MERCIđ, tout simplement.
Et puis jâentends parler de lâhypersensibilitĂ©, qui touche en fait une personne sur cinq. Câest une caractĂ©ristique qui va bien au-delĂ de pleurer Ă tout bout de champ. Ce qui est loin dâĂȘtre le cas pour bon nombre dâentre nous dâailleurs.
Rapidement, je reprends pied. Au travail, je dĂ©veloppe des projets avec lesquels je me sens alignĂ©e, je reprends le théùtre dâimprovisation, la randonnĂ©e, je continue le yoga (âŠ). Je remets rapidement ma casquette de wonder girl. Je suis investie dans le magasin coopĂ©ratif local. Ma vie sentimentale, par contre, elle, est trĂšs calmeâŠ
2022 : la 1Úre récidive
Fin 2021, au retour dâun voyage itinĂ©rant, Ă cheval, dans les montagnes corses, je peine Ă atterrir. Mâassoir de nouveau Ă ce bureau avec des barreaux fait de nouveau couler des larmes, face la dĂ©ception de certains projets non validĂ©s et au manque de considĂ©ration que je ressens. Ma tension cardiaque ralentit, le lever du lit se fait de plus en plus lourd, mon cĆur ne trouve plus lâĂ©lan de battre avec entrain. Ma psy interprĂšte ma fatigue chronique comme le signe dâun ennui. Elle me convainc de retourner « Ă la civilisation », Ă la « ville. »
Mon naturopathe me recommande alors un magnĂ©tiseur. Jây vais sans conviction. A peine arrivĂ©e dans son cabinet, deux mots et je fonds en larmes, mois qui croyais avoir fait le tour de mes traumas en psychothĂ©rapie. Â
Il me parle alors dâune formation au Reiki, en vue d'apprendre Ă mâautosoigner. Avec un Ă©lan du cĆur qui m'Ă©tait inconnu, jâaccepte, sans rĂ©flĂ©chir. Je passe le 1er niveau, puis le second. A chaque sĂ©ance, je suis bluffĂ©e par les dĂ©tails quâil est capable de dĂ©crire sur ma famille, mon enfance (âŠ). La rapiditĂ© de guĂ©rison des schĂ©mas rĂ©pĂ©titifs, des changements qui surviennent dans ma vie, m'interpelle. Je me sens fascinĂ©e par la vision de mon 3Ăš Ćil dĂšs que ferme les yeux. Cette petite voix, « lâintuition », se fait plus prĂ©sente. Des rĂȘves atypiques parcourent mon sommeil. DĂšs que je pense Ă une personne, dans les jours qui suivent, elle me contacteâš. Lorsque je cherche une place de stationnement en voiture, et que je demande Ă mes Guides de m'aider, une place se libĂšre devant moiđȘ. Je commence Ă tester ces nouveaux "outils" que ce soit dans mon travail ou auprĂšs de mes proches. Et ça fonctionne !! De nouvelles sensations Ă©mergent. Je sens une nouvelle chaleur dans mon cĆurđ. Je ne cesse de m'Ă©merveiller devant cette magie digne de Harry PotterđȘđ.
Entre temps, j'ai aussi l'opportunitĂ© d'ĂȘtre invitĂ©e par le Club des Jeunes Dirigeants VendĂ©en Ă la soirĂ©e Prestige "Vers le 5Ăšme Ă©lĂ©ment" oĂč j'assiste Ă une confĂ©rence de Corinne Sombrun, une scientifique devenue chamane, ou encore de Maud Ankaoua, qui parle de synchronicitĂ©s, d'intuition et d'Ă©nergĂ©tique. Je rĂ©alise alors "En fait, il n'y a peut-ĂȘtre pas que les charlatans et les gourous qui parlent de l'invisible ". đ€
Je retrouve lâĂ©nergieđ„ pour chercher un nouveau job, et surtout dĂ©mĂ©nager. Avide de voyager et de dĂ©couvrir le monde, jâaspirais Ă repartir en expatriation, mais au vu de tous les symptĂŽmes divers et variĂ©s dont je connaissais mon corps capable de manifester, je ne mâĂ©tais pas risquĂ©e au vaccin contre la COVID. Ce sera donc direction ma ville de cĆur, Angers. Pour rejoindre un job avec lequel je me sentais cependant moins alignĂ©e. Les conditions offertes vibrĂšrent avec ma peur de manquer, ma quĂȘte du « toujours plus » et eurent raison de mes questionnements existentielsâŠ
CâĂ©tait oublier mon petit corps sensible et communicant⊠Deux semaines avant le dĂ©mĂ©nagement, je me rĂ©veille avec une douleur cuisante dans le bassin⊠Tiens, bizarrement, il paraĂźt que cette zone correspond au chakra racine⊠lâancrage⊠la sĂ©curitĂ© intĂ©rieureâŠ.
Je pratiquais pourtant quotidiennement le yoga, je tenais mon petit journal, je soignais rigoureusement mon alimentation. Les leviers étaient déjà actionnés. Comment faire alors cette fois?
Tant bien que mal, je parvins Ă dĂ©mĂ©nager. Quelques Ăąmes charitables me prĂȘtĂšrent main forte le jour J đ. De nouveau, mon ego prit cher, car impossible pour moi de soulever le moindre objet sans risquer de mettre le feu Ă tout mon corps.
Ma prise de poste fut Ă©motionnellement douloureuse. La chaleureuse ambiance vendĂ©enne me manquait. Je fus catapultĂ©e sur des projets politiquement complexes, avec lesquels je ne me sentais pas alignĂ©e. Mais je dĂ©cidai de me faire une raison, de courber l'Ă©chine, en me promettant de chercher autre chose une fois stabilisĂ©e⊠AprĂšs tout, j'entendis cette petite phrase maintes fois entendue dans mon enfance : "on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie"... Je serrai les dents, en bon petit soldat, je mis de lâhuile dans les rouages des projets jusquâĂ mon arrivĂ©e en dĂ©route, puis le succĂšs fut au rendez-vous. Et puis on me proposa un autre poste, plus en rĂ©sonance avec mes aspirations professionnelles. Je fis taire mes dĂ©bats intĂ©rieurs.
Entre temps, un bras levĂ© en faisant du yoga me valut une semi luxation de lâĂ©paule. Tiens donc, celle-ci ne tenait donc plus sous le poids !
Quelques mois plus tard, essuyant une nouvelle peine de cĆur, une chute de vĂ©lo rĂ©veille ma vieille entorse, sur la mĂȘme cheville quâen 2008. Des mois et des mois Ă me dĂ©battre, Ă me sentir seule. Moi qui Ă©tais revenue dans cette belle ville pour profiter de ma jeunesse, prĂ©-trentenaire, me voilĂ de nouveau prisonniĂšre. Je suis devenue la championne des cataplasmes dâargile, des massages plantaires. Rien Ă faire.
Entre temps, jâavais appris que jâĂ©tais hyperlaxe et que faire du yoga quand on est trĂšs souffle, ce nâest pas lâidĂ©e du siĂšcle. Contrainte dâarrĂȘter la pratique, je conservai cependant lâaspect spirituel, dâautant plus Ă©veillĂ©e par mes degrĂ©s de Reiki.
 Le « hasard » mâamĂšne Ă mâinscrire Ă des cours de chants, sans trop le savoir, sur des mantras sacrĂ©s đïž. Je mây rends sans conviction. Le jour oĂč je me suis retrouvĂ©e Ă chanter devant le symbole de Shiva et de Ganesh, je sentis lâĂ©nergie de nouveau circuler dans tout mon corps, comme si quelque chose sâactivait en moi. Je me sens comme transportĂ©e par les chants. Ils mâaccompagnent alors quotidiennement. Je continue tout le cycle.
En parallĂšle, une amie me parle dâune autre pratique corporelle, qui vise Ă prendre conscience de ses mouvements, et retrouver le confort dâun bĂ©bĂ©, le Feldenkrais. Je me rends Ă un week-end, puis Ă un stage dâune semaine en forĂȘt de BrocĂ©liandeđż. En dialoguant ainsi avec mon corps, je sens Ă la fois des douleurs se rĂ©veiller, et dâautres se sentir Ă©coutĂ©es, puis apaisĂ©es. Peu Ă peu, je fais de belles rencontres amicales, dans des contextes diffĂ©rents que jâaurais imaginĂ© Ă lâĂ©poque oĂč jâenvisageais mon installation sur Angers.
Et peu Ă peu, au printemps suivant, mon corps sâest apaisĂ©. Mâoffrant de nouveau la libertĂ© de gravir les sols de nouveaux paysages, les sommets de montagne, qui rĂ©veillent tout mon ĂȘtre. Je me surprends Ă me passionner entre temps pour le cross training, pratique avec laquelle jâai encore une fois la sensation de me prĂ©munir contre de nouvelles douleursâŠ
2024 :Â nouvelle chute !
Ce nâest cette fois-ci pas une chute de cheval ni de vĂ©lo qui mâarrĂȘta. Ce nâĂ©tait pas assez pour mâarrĂȘter dans cette quĂȘte du toujours plus. Mon mental Ă©tait bien entraĂźnĂ©. Â
Un an que mes lunes đ𩞠sâĂ©taient mises en pause âžïž. Mon corps se fait de plus en plus fatiguĂ©, voire vidĂ©. Je travaille toujours plus, acceptant avec enthousiasme tous les nouveaux projets quâon me proposait, croyant trouver ma place. JâĂ©tais portĂ©e par cette croyance commune que plus je mĂšnerais de projets rĂ©ussis, et plus jâobtiendrais gain de cause. Une reconnaissance financiĂšre et un statut hiĂ©rarchique supĂ©rieurs, jâentends. Jâavais grandi avec cette trajectoire en tĂȘte : toujours gravir les Ă©chelons professionnels, pour me sĂ©curiser. J'avais grandi avec cette idĂ©e qu'en tant que femme, pour ĂȘtre en sĂ©curitĂ©, et me protĂ©ger du patriarcat, il Ă©tait m'Ă©tait vital d'ĂȘtre capable d'ĂȘtre indĂ©pendante financiĂšrement, et idĂ©alement avec un poste salariĂ©, et prestigieux, tant qu'Ă faire. Et aussi pour atteindre cet objectif sociĂ©talement commun : acheter ma propre maison et avoir les moyens financiers de pouvoir partir en vacances dĂ©couvrir des lieux toujours plus dĂ©paysants, et ensuite, espĂ©rer trouver lâhomme de mes rĂȘves pour fonder une famille (âŠ). đCoucou les contes de fĂ©es modernes et films amĂ©ricains ! En fait, jusqu'ici, j'avais surtout appris Ă me barricader et mettre mon corps en danger â, plutĂŽt que d'Ă©couter mes besoins et poser mes limitesđ. Â
Sauf que devant cette injonction sociale, mon corps freina des quatre fers. Je nâĂ©tais pas si alignĂ©e que je le pensais, avec la maniĂšre dont j'employais mon Ă©nergie quotidiennement. Le matin, jâai besoin de lancer une musique stimulante pour monter sur mon vĂ©lo et avaler les quelques kilomĂštres pour arriver jusquâau bureau. Pourtant, je suis convaincue dâaimer mon travail. Jâai la sensation de rĂ©ussir tout ce que je fais. On me propose toujours plus de projets, certains dont je perçois les incohĂ©rences, mais je courbe lâĂ©chine car jâentrevois des opportunitĂ©s se dessiner. Je porte ma parole sur des strates politiques bien plus Ă©levĂ©es quâenvisagĂ© initialement. Je suis fiĂšre de ma rĂ©ussite. Tout le monde parle de moi et me sollicite. Je me sens flattĂ©e, ou du moins, mon Ă©go ! Mais mon corps et mon cĆur, eux, dĂ©pĂ©rissent. Je perds du poids. Ma vie sentimentale est devenue un dĂ©sert. Le besoin de faire du tĂ©lĂ©travail se fait ressentir de plus en plus frĂ©quemment. Je me laisse tomber sur mon canapĂ© faire une sieste dĂšs que lâoccasion se prĂ©sente. Je tombe rĂ©guliĂšrement malade. Mes allergies de printemps, dont jâavais oubliĂ© lâexistence depuis de nombreuses annĂ©es, font leur retour. Les rĂ©veils nocturnes et les palpitations sâancrent dans mon cycle de sommeil. En tĂ©lĂ©travail, je me lĂšve Ă lâheure de commencer. Je deviens irritable. Le bruit et les sollicitations de mes collĂšgues mâinsupportent. Je commence Ă me demander sâil est possible de travailler sans sentir cette fuite dâĂ©nergie dans mon corps. Je me surprends mĂȘme parfois Ă espĂ©rer tomber malade pour ĂȘtre lĂ©gitime Ă demander un arrĂȘt de travail⊠Oui, jâavais besoin dâen arriver Ă lĂ pour mâautoriser Ă mâarrĂȘterâŠ
Je commence Ă tirer la sonnette dâalarme avant les congĂ©s dâĂ©tĂ©. Mais au retour, je prends conscience que le peu dâĂ©nergie que jâai rĂ©cupĂ©rĂ© nâest mĂȘme pas suffisant pour subvenir Ă mes propres besoins. La joie est si loin de mon corps. ArrivĂ©e au bureau, devant mon ordinateur, je fonds en larmes, je ne comprends plus ce que je fais lĂ . â GAME OVER.
Un premier arrĂȘt de travail de quelques jours nâa Ă©videmment pas suffi Ă rattraper le dĂ©ficit creusĂ© depuis en fait plusieurs annĂ©es. Car le problĂšme est plus profond. La vraie question, que jâĂ©vitais soigneusement depuis toutes ces annĂ©es, câĂ©tait pourquoi je me battais tant, contre qui ? Contre quoi ? Pourquoi tant de lutte ? La vie est-elle vraiment un combat ? Rappelons-nous que la suractivitĂ© est une fuite de soiâŠ. đCoucou la poussiĂšre sous le tapis !
Nathalie LefĂšvre - DiplĂŽmĂ©e de lâUnivers "Peut-ĂȘtre que nous ne sommes pas venus sur Terre pour guĂ©rir, pour lutter ou nous amĂ©liorer, mais pour apprendre Ă vivre, pour cesser de survivre."
2025 : le deuil, les limbes, les gros travaux, voyage intĂ©rieur đïž
Et puis lâĂ©vidence que jâavais besoin dâune vraie pause, de vivre le vide, sâimposa. Ăa tombait bien, mon contrat se terminait dĂ©but 2025 ! AprĂšs avoir versĂ© des torrents de larmes, je me rĂ©signai Ă accepter cette dĂ©cision qui, Ă lâĂ©poque, sonna comme une injustice dans mon cĆur. Il Ă©tait grand temps de passer le karcher đ  sous le tapis. Dâassainir les racines. Une fois le deuil digĂ©rĂ©, faire la place au vide⊠pour mieux se rencontrer⊠et renaĂźtre Ă soi đŠâđ„!
Voyages en solo en itinĂ©rance, accompagnement thĂ©rapeutique et Ă©nergĂ©tique, champ libre Ă ma crĂ©ativitĂ©. La lunaisonđreprit son cycle. Plusieurs voiles de l'illusion se levĂšrent. Beaucoup de remises en question. De rĂ©vĂ©lations sur des fausses croyances qui me limitaient jusquâĂ prĂ©sent pour aller me rencontrer, dans ma sensibilitĂ©, Ă lâintĂ©rieur, dans mon cĆur. Mes capacitĂ©s extrasensoriellesđ«, jusque-lĂ Ă©touffĂ©es, muselĂ©es đ€, par un mental trĂšs musclĂ©, se dĂ©veloppĂšrent puissance 10. Je rĂ©cupĂ©rai certaines clĂ©s de comprĂ©hensionđ. Ma lanterne se ralluma avec une nouvelle flamme. LâĂ©nergie revintâĄ. Le "Canal" s'Ă©claircit Ă mesure que je dĂ©blaie les voies sous le tunnel pour laisser passer la LumiĂšreâïž.  Je reprends peu Ă peu pied, je recommence Ă marcher, Ă petits pas ancrĂ©s. Non pas d'un pas pressant, mais d'un pas prĂ©sent, Ă l'Ă©coute des appels de mon corps Ă lever le pied ou Ă faire des pas de cĂŽtĂ©âš.Â
Printemps 2026 : le nouveau dĂ©partđŠâđ„
A lâĂ©vidence, je me suis passionnĂ©e pour la quĂȘte de sens, la libertĂ© dâesprit, la vĂ©ritĂ©. Jâai lĂąchĂ© beaucoup de peurs. Jâaccueille encore chaque jour ma vulnĂ©rabilitĂ© et ma fragilitĂ©, qui, loin d'ĂȘtre des poids, sont en rĂ©alitĂ© . Et je suis encore en chemin !! đ»
Je mâaccepte avec mes zones dâombres â« comme de lumiĂšreâïž. Mon petit corps, plus sensible que jamais, sait toujours se faire entendređ et continue Ă m'enseignerđ§.
Une fois les racines et le terreau assainis, il nâest plus question de cultiver les mĂȘmes lĂ©gumesđ„et les mauvaises herbes ! LâĂ©cologie intĂ©rieure đdevient une destination Ă©vidente pour moiđ.
đAussi, au-delĂ des sĂ©ances dâaccompagnement que je vous propose, tout en guidanceâš, voici quelques petites pistes pour cheminer vers votre sĂ©curitĂ© intĂ©rieure :Â
-Â Â Â Â Â Apprendre Ă dialoguer avec son corps đ Feldenkrais, par exemple !
-     Le sĂ©curiser : ĂȘtre prĂȘt Ă poser ses limites face aux propositions des autres, ou de notre propre Ă©go Ă vouloir toujours paraĂźtre le plus fort
A chaque fois que jâai annoncĂ© Ă des amis me faisant une proposition de rando, "Non, jâai mal Ă la cheville" ou autre, il y a peut-ĂȘtre eu au dĂ©but de la frustration, mais jâai surtout entendu mon corps me dire "MERCI !!" ou oser, en tant que jeune femme, dans les transports en commun, demander une place assise. Parce qu'en vĂ©ritĂ©, bon nombre de handicaps sont invisibles. Oser prendre sa place, c'est aussi frayer un chemin pour ceux qui n'osent pas encore.Â
Ou encore arriver Ă un repas de famille oĂč on me tend dâemblĂ©e une coupe de champagne «Merci beaucoup, mais je ne bois pas dâalcool », et surtout , ne pas s'excuser.